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Cette difficulté de plus en plus grande à distinguer les traditionnels poissons du 1er avril de tous les autres poissons d'avril.

De tous les autres mensonges, canulars, blagues dont nous sommes accablés depuis notre naissance, de l'école à la télé, et que l'on nous somme de considérer, pour notre plus grand malheur, comme des pures vérités

De toutes ces blagues qui ont, pour ainsi dire, réduit le spectacle du monde à un énorme canular.

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Il faut bien sûr distinguer les mensonges conjoncturels des mensonges structurels. Les mensonges qui ont vocation à nous tromper pour un temps déterminé de ceux qui ont vocation à nous structurer durablement. Le mensonge d'un homme politique sur l'existence d'un compte suisse n'est pas de même degré que le mensonge pluriséculaire selon lequel nous ne pourrions pas nous passer des hommes politiques dans l'organisation de la société. Se concentrer dans la dénonciation des petits mensonges est d'ailleurs bien souvent la meilleure manière de masquer les gros ; c'est tout le travail des "journalistes" et des "intellectuels". Dénoncer des gros mensonges n'est d'ailleurs pas sans risque. Quiconque ose, par exemple, s'attaquer aux mensonges gouvernementaux sur la véritable nature du "terrorisme" se verra rejeté hors du cercle de la raison sous l'anathème ridicule de "complotiste" ou de "conspirationniste". Personne ne doit pas prendre au sérieux que dominer, que gouverner, c'est d'abord mentir.

Au sommet du mensonge structurel : les lieux communs, "ces évidences sociales admises sans discussions" dont a très bien parlé Jacques Ellul. Ces lieux communs qui sont, pour lui, "la trame idéologique fondamentale, insidieusement glissée dans notre conscience par le mouvement de fait de notre société, et destinée à la justifier et à nous y adapter sans souffrance". Ces lieux communs qui "sont la base inconsciente sur laquelle nous construisons glorieusement nos idéologies et même nos doctrines." "C'est exactement par ces croyances-là que la propagande nous saisit, nous convainc et nous fait agir. L'existence de ces lieux communs en nous est la faille sociale de notre être, le point même de notre vulnérabilité." Et Jacques Ellul d'appeler à leur traque, à leur mise à jour.

Quelques exemples de lieux communs...

Nous vivons en démocratie. 
L'Etat peut et doit tout (à notre place).
On a besoin des hommes politiques.
 On ne pourrait pas vivre sans Etat. 
C'est mal de ne pas respecter la loi.
L'Etat nous surveille et nous fiche pour notre bien.
Il n'y a que les voyous qui ont à craindre la police.
Nous sommes libres.  
L'école nous rend libre. 
Le travail est une vertu en soi.
N'importe quel emploi vaut mieux que rien du tout.
Qui ne travaille pas ne fait rien.
La croissance économique est bonne en soi. 
Rien ne doit arrêter le progrès technique.  
Le bonheur c'est de consommer et de posséder toujours plus. 
La réussite c'est de gagner beaucoup d'argent.
La pauvreté est un fardeau et un déshonneur.  
Il n'y a pas de mal à être riche.
Je ne suis pas responsable des malheurs du monde.
Une société sans argent n'est pas concevable.  
La voiture est un merveilleux instrument de liberté. 
Le sport est un facteur de paix et de tolérance

 

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Et, en même temps, cet espoir insensé que la réalité désastreuse que l'on découvre petit à petit derrière la grande mise en scène frauduleuse n'est elle-même qu'une vaste blague, que le jour n'est plus loin maintenant où je-ne-sais-quel ange du ciel nous avouera enfin qu'on nous a fait marché. Que, non, le monde ne court pas au désastre. Que non, nous n'avons pas été si fous pour détruire notre environnement. Que non, nous n'avons pas été si fous pour sacrifier tant de vies humaines sur l'autel d'un système économique absurde...