kadhafi

« Au fait, que diable voulez-vous que puisse rêver, aujourd'hui, un adolescent que les disciplines modernes exaspèrent et que l'abjection commerciale fait vomir ? Les croisades ne sont plus, ni les nobles aventures lointaines d'aucune sorte. Le globe entier est devenu raisonnable et on est assuré de rencontrer un excrément anglais à toutes les intersections de l'infini. » Léon Bloy, Le Désespéré




Le texte qui suit est un dernier avis avant embarquement, comme son titre n'a pas souhaité vous l'indiquer.

Je me suis cru obligé de vous le transmettre, en toute amicalité. Si vous avez envie de vous en foutre comme du droit des Palestiniens à avoir un Etat souverain, libre à vous. Mais ne venez pas vous plaindre si vous vous prenez une Intifada dans la gueule en sortant de votre trou à rats.

Si je vous écris ce soir, avec lucidité et gravité terrestre, c'est sans doute qu'il ne me sera bientôt plus possible de le faire. Pour vous dire les choses en toute transparence démocratique et citoyenne, on va bientôt me reformater le cerveau pour le mettre aux normes européennes.

Je suis actuellement interné dans un lieu méconnu du grand public, et ce n'est pas la peine de m'en demander davantage à titre de renseignements généreux. Ce que je peux dire, c'est que je suis cerné par quatre murs franchement hostiles à ma nature rocambolesque. Ils composent ce qui me reste de frontières internationales et sont tellement blancs que j'ai parfois l'impression d'être à une réunion du Bloc identitaire. Il y a aussi deux gardes-chiourmes, ressemblant à ne pas s'y méprendre à Mark Zuckerberg, qui veillent sur ma dépouille nuit et jour. Ils veillent en particulier à ce que je prenne bien mes doses de réel matin, midi et soir, qui constituent mon traitement de choc. C'est impératif si je ne veux pas être renvoyé par le premier vol orbital, qu'il m'a dit le docteur. Ça pourrait réveiller le fictif qui est en moi, et c'est vraiment pas un truc à rassurer les marchés, qui sont déjà assez affolés comme ça. Donc ils y tiennent comme à Jérusalem-Est. On m'avait d'abord mis une camisole, quand je suis entré ici de toute urgence humanitaire, camisole qu'on a finie par me retirer après que mon gouvernement de rencontre ait accepté de collaborer avec les autorités d'occupation. Les termes de l'armistice vous seront communiqués ultérieurement, par voie de presse et de livres d'histoire. J'ai trop marqué mon époque pour être connu de mes contemporains, et je n'ai de toute façon pas le temps d'insister là-dessus. L'aiguille tourne plus vite que la vitesse autorisée, et il s'est déjà consommé pas moins de dix siècles depuis que j'ai commencé à vous cracher à la figure de manière verbale. Il m'est de plus impossible de déverser plus de trois mots sur une feuille sans qu'il faille réunir sous ma coupole un comité de relecture, pour lequel il est très difficile de trancher à l'unanimité, à l'inverse d'une guillotine par exemple. D'ailleurs, je préfère prévenir par avance et à titre d'avertisseur sonore que le texte que vous êtes en train de lire n'a pas été approuvé à mon unanimité, et que je vous serai gré, le cas échéant, de ne pas m'envoyer à la figure des généralités, qui seraient inadmissibles à l'égard d'une population persécutée comme la mienne.

J'étais donc en train de parler de camisole et vous m'avez interrompu. J'allais vous dire en toute philosophie grecque qu'une camisole avait cela de pratique et de réconfortant qu'elle ne porte en elle aucune ambigüité. Elle ne vous laisse rien espérer, et il n'y a rien de mieux que le désespoir quand les portes du fictif vous sont fermées. Elle fait de vous un prisonnier en toute transparence, en toute visibilité, elle vous enveloppe dans toute votre ampleur charnelle et il n'y a pas de doute. Même le plus constipé de la logique ne douterait pas. Alors qu'à l'extérieur on ne sait jamais vraiment si on est prisonnier ou pas, c'est le trou noir, et c'est pourquoi il y a des troubles de la personnalité qui finissent en troubles à l'ordre public et en guerres mondiales. On ne sait pas parce qu'il n'y a plus ni menottes ni camisoles ni barreaux, et qu'une prise de conscience n'est pas aussi facile à installer chez les particuliers qu'une prise de courant. On emprisonne les gens par des moyens tellement plus insidieux et indolores, avec des téléphones portables, des Mark Zuckerberg et des cartes d'identité biométrique, qu'on nage en plein doute dans le grand bassin. C'est un copain à moi, Georges qu'il s'appelle, qui était un temps à l'Action française mais qui s'en est évadé à temps, qui m'a vachement interpellé sur le sujet. On doute tous sans même le savoir. Moi-même j'étais tellement dans le trou noir le plus complet à une époque qu'il m'arrivait de téléphoner plusieurs fois par nuit à la prison de Loos pour savoir si par hasard je n'avais pas un compte client chez eux ou si par le plus grand des malheurs publics je ne m'étais pas évadé en douce comme monsieur Jacques Mesrine. J'en étais même arrivé à me promener partout avec un code pénal pour pouvoir juger immédiatement de la conformité de mes actions avec la loi. Je me souviens d'ailleurs de ma haine féroce pour les vides juridiques, que j'essayais de combler tant bien que mal avec toutes mes culpabilités de Français moisi et qui me causaient les pires angoisses. Mais j'ai fini un jour par comprendre que nous étions de toute façon tous prisonniers du réel et ça m'a aidé à dormir.

Vous ne vous êtes jusqu'à présent à aucun moment demandé pourquoi on m'avait enfermé, pourquoi on allait bientôt m'envoyer dans les choux de Bruxelles, et cela ne m'étonne pas de vous. Vous avez toujours été d'une indifférence crasse à mon égard, et c'est dans la logique des choses. Moi, la logique, je l'emmerde, et je m'expliquerai plus tard là-dessus si je n'ai pas encore tué le temps dans une soudaine folie meurtrière.

Figurez-vous que si je suis ici, bande de sans-cœurs, c'est que j'avais menacé de sortir de mon orbite et de me désintégrer dans l'atmosphère, quelque part au dessus de la Bretagne. J'avais même fait diffuser ma menace d'ampleur stratosphérique sur un site islamiste, pour plus de crédibilité. Voilà. Mais évidemment en haut lieu ça n'a pas fait rigoler. Les satellites américains ont le droit de le faire, en toute impunité géopolitique, pour des raisons historiques, mais pas moi. J'aurais pu tuer des gens innocents sans avoir l'immunité historique, vous vous rendez compte ! Scandaleux ! Inacceptable ! Donc on m'a mis en état d'arrestation et enfermé. Préventivement. Dans un but de salubrité publique et de stabilité internationale. Décision prise par le conseil de sécurité de l'ONU, à l'inhumanité de ses membres et sans le moindre monsieur Veto d'aucune sorte. Les types avaient vraiment la tête des mauvais jours. C'était d'une gravité à remettre en cause les théories de Newton.

Je n'en étais d'ailleurs pas à mon premier coup. Il y a un mois de ça, j'avais voulu m'envoyer des avions de ligne dans la tronche, dans mes tours jumelles, pour que le monde entier ait enfin les yeux rivés sur moi, et ait tellement de compassion pour ma nature ravagée qu'ils me laisseraient renverser une dictature crépusculaire de l'Europe de l'Ouest, déverser du napalm sur une salle des marchés et établir une République irréprochable, tellement irréprochable que tout reproche à son égard serait puni de mort par écartèlement. Mais voilà, je n'ai pas eu le soutien des services secrets israéliens pour cause d'antisémitisme, donc il a fallu que je laisse tomber l'affaire à défaut des avions.

Je vous vois déjà consterné par ce que vous êtes en train de lire, et j'ai le regret de vous annoncer que vous n'avez encore rien lu. Il y en aura pour tous les dégoûts, conformément à ma tradition universaliste. On peut encore partir si on ne sent pas d'attaque. Vous pourrez revenir plus tard avec un mot d'excuse.

A ceux qui ont décidés de poursuivre l'exploration de cette terre au premier abord hostile, je me dois quand même d'essayer, à titre de prévention sanitaire, de les rassurer de manière définitive et optimiste.

Oui, je pète quelques câbles de temps à autres, pour attirer l'attention des agents de l'EDF sur ma belle personne en mal d'affection, mais ça ne va pas plus loin au niveau de la psychiatrie générale. J'ai changé, c'est vrai, et contre le changement on ne peut rien, comme aime à le rappeler les libéraux qui aiment trop la liberté pour qu'on puisse en faire un usage libre et réactionnaire. Mais je ne suis pas dérangé comme vous vous y attendriez dans votre imaginaire collectif. Plutôt en dérangement si vous comprenez l'image. Essayez de m'appeler vous verrez, une prostituée vocale vous indiquera que votre correspondant n'est pas joignable et qu'il vous répondra quand vous serez devenus un peu plus difficile.

N'allez toutefois pas vous mettre à faire de la sensiblerie à mon sujet, parbleu ! Surtout pas. Après ça pourrait vous faire penser à la Somalie, et il y en a marre des gens qui ne savent pas mourir de faim sans culpabiliser les autres.

A tous ceux qui ne se poseraient pas la question parce qu'ils prétendent tout savoir, je précise immédiatement que je n'ai subi aucune contrainte, aucun bombardement à but génocidaire des cellules grises par monsieur Kadhafi. Je tiens d'ailleurs à le faire savoir haut et fort : monsieur Kadhafi n'est en rien responsable de mes évolutions métaphysiques ! Qu'on le laisse donc tranquille maintenant, s'il vous plait, il a assez payé pour vos présomptions abjectes. On n'a pas idée non plus de tuer des enfants libyens pour une simple affaire de travail au noir à titre bénévole. Si les gens le savaient, ils seraient pas contents et signeraient une pétition. D'ailleurs vous allez bientôt le savoir. Que les sales impérialistes en blouse blanche sachent que pour la patrie des droits de l'homme ça ne passe pas comme ça !

Le fond du problème, voyez-vous, c'est que je roule à contre-sens de la société et qui plus est dans des tunnels dont vous ne vous doutez même pas l'existence. Pour le commun des mortels la liberté c'est de pouvoir être pleinement soi-même, mais ça n'est jamais qu'une vision de la liberté à sens unique. Une liberté qui vous enferme dans une cellule étroite de 9m2, vous contraint à rouler dans le bon sens sous peine d'amendes déshonorables est une liberté hard discount qui peut suffire aux plus démunis du cerveau. Ça ne coûte pas cher à la collectivité, ça réduit les déficits, mais qu'est-ce sinon de la merde recyclée ? Pour moi la liberté c'est aussi de pouvoir être un autre si j'en ai envie. N'importe quel autre dans la démesure de mes moyens. Voilà. Mais bien sûr cette conception audacieuse de la liberté, cette aspiration au dépassement de soi dans un sens fictif dérange. Ceux qui ont le pouvoir emploie volontiers le fictif pour asseoir leur domination mais il ne serait bien entendu pas question de le laisser se démocratiser. La diversité on en parle tout le temps à la télévision mais on se garde bien de l'appliquer. Ils veulent qu'on soit tous définitif, dès notre naissance, avec états-civils, curriculum vitae et réputations. Pire que la pensée unique, pire que la monnaie unique : l'identité unique. Jusqu'à la fin de notre mort, toute notre vie. Et ils pensent foutre une trouille suprême en menaçant de prison ceux qui usurperaient l'identité d'autrui, alors que c'est leur société la prison et qu'il ne peut rien y avoir de pire. La propriété intellectuelle, c'est le vol ! Usurpez-vous les uns les autres comme je vous ai usurpé ! Je l'ai entendu l'autre jour le gros Myard qui disait qu'on était soit un homme soit une femme et que si on n'était pas content on avait qu'à construire trente mille places de prison supplémentaires. Ainsi parle sa sainteté la rigidité cadavérique, qui nous veut tous dans des cases pour plus de protection contre le fictif. De droite ou de gauche, fasciste ou antifasciste, Juif ou antisémite... Femme ou homme. Pas de place pour les non-inscrits, les hésitants, les éclectiques et les transfuges. Pour tous ces clandestins qui ont vite fait de sombrer dans le fictif si on les enferme pas dans des statistiques tout de suite. Ce n'est d'ailleurs pas que j'ai spécialement envie d'être une femme mais c'est pour que vous compreniez. J'ai plein d'exemples comme ça que je pourrais vous raconter, mais je ne vous embêterai pas avec par respect pour votre temps de cerveau disponible.

Bref vous vous croyez tous libres parce qu'on vous l'a dit à la télé alors que vous êtes tous enfermés dans une cellule des plus étroites. Et c'est ça le grand drame du monde, qui provoque des tragédies grecques jusqu'au Cambodge en passant par le Rwanda. Regardez-vous, vous avez tellement une mentalité de prisonnier que vous trouvez tout à fait normal d'être fichés, fliqués, observés, repérés, tracés. L'idée que vous n'aviez aucun compte à rendre sur votre vie privée ne vous vient même plus à l'esprit. Vous êtes tous traités tels des criminels en puissance dont il faudrait s'assurer en permanence de la vertu, et ça ne vous blesse même pas l'ego. C'est pour votre sécurité, bien sûr, alors vous laisser faire. Et demain on vous mettra tous une puce électronique comme à vos animaux domestiques, et vous applaudirez encore, parce que c'est plus pratique et que ça fera baisser les déficits. N'y voyez pas de ma part une volonté de vous blesser dans votre dignité de bon citoyen. Je préfère vous dire tout ça à titre d'honnêteté et de vaccination contre les trous noirs. Si vous balader avec un gode pénal entre les fesses vous excite et vous comble dans votre liberté sexuelle, ma foi, c'est votre problème.

Moi, pour tout vous dire, j'étais las de n'être que moi-même. J'étais las de croupir dans ce cachot mental auquel on me vouait pour le restant de mes jours. C'était Dieu pas possible une telle barbarie. Alors je n'ai pas attendu d'obtenir un permis d'éconduire comme tous les z'obéissants, j'ai pris mon courage à deux bras et je me suis échappé, toujours plus loin dans le fictif. Et en prenant toujours soin de faire des zigzags, des boucles, des nœuds inextricables, des détours parmi les plus inutiles et les plus illogiques, pour brouiller les pistes. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de caméra de surveillance ni de Mark Zuckerberg pour vous espionner. Personne n'ira vous chercher jusque là, puisque l'Utile et la Logique sont les deux mamelles de ce monde domestiqué qui est le nôtre. Il faut être utile et logique sinon vous êtes aussitôt rayé de la carte scolaire. En dehors c'est la terre inconnue. La contrée interdite. La banlieue française. Personne n'ose s'y aventurer parce que c'est plein de Doc Gynéco et d'islamistes.

Un jour, j'avais tellement pris de détours politiquement incorrects que je me suis retrouvé en pleine révolution islamique à Téhéran. Je peux vous dire que les mollahs, qui sont aussi perses que Saint-John, ils n'en croyaient pas leurs yeux quand ils m'ont vu arriver. Ils étaient fiers d'avoir un type devant eux qui avait fait la Révolution française et qui malgré tout avait su garder la tête sur les épaules. Je pouvais leur fournir quelques tuyaux d'ordre informatif alors ils m'ont demandé si je voulais travailler pour eux et j'ai accepté, par souci surtout de ne pas me faire prendre en otage comme les Américains. Les Américains ils ont de l'argent mais pas mon père qui ne peut plus battre monnaie depuis les accords de la Jamaïque de 1976 et qui doit alors battre ma mère pour donner le change. Et c'est là, au fond, que tout a commencé à foirer. Jusque là, j'avais su prendre congé dans une plénitude des plus souveraines, au point d'avoir à plusieurs reprises oublié que j'existais, ce qui s'appelle vraiment vivre ou je ne m'y connais pas.

Tout a foiré parce qu'on m'a pris par les sentiments, et il ne faut jamais me prendre par les sentiments sinon je me fais vite repérer par les autorités. Surtout avec les Iraniens qui vous prennent par les sentiments comme ils prennent leurs femmes pour des salopes. Déjà, j'avais failli me faire repérer quelques temps plus tôt quand un cartel de sangliers en colère des Ardennes m'avait suggéré de me joindre à eux, avec pelage obligatoire pour cause de grand froid. J'étais à cette époque devenu un sanglier ce qui a été de plus honnête, qui avait lu Barrès mais pas trop. Dans un premier temps je crus bêtement qu'ils désiraient mon appoint dans leur traque aux micromammifères à but écologique. Ce qui n'était pas tout à fait le cas, comme je vais très prochainement vous l'expliquer.

Pour venger Monsieur Kadhafi Avant ça, j'aimerais en profiter pour faire un détour, pour éviter encore une fois d'être repéré même si c'est trop tard. Les mots, les phrases sont les pires des indics qui soient et il est obligatoire de ne pas les laisser totalement dans leur ordre car l'ordre est un toutou et il nous conduit directement à son maître : la police. Je parlais écologie et donc il fallait que je vous dise en passant que je suis écologiste. Je dis ça comme ça. Si ça vous choque vous pouvez partir par la première porte à droite et bonsoir. C'est d'ailleurs pas nouveau du tout et n'y voyez aucun penchant sexuel soudain de ma part pour Daniel Cohn-Bendit même si j'ai quatorze ans et que je suis son genre. Je suis écolo par conviction profonde et héréditaire, et donc je déclare en toute bonté humaine que si j'en chope un qui me parle de croissance, je vais lui fracasser son outil de croissance et vite fait. La croissance est une vieille salope qui n'a pas fini de nous pervertir en nous faisant croire qu'on a besoin d'elle pour vivre. Personnellement, je n'en ai jamais eu besoin. Je n'ai jamais été pour la croissance, surtout pas la mienne d'ailleurs. Ça vaut aussi, sans transition aucune, pour la dette, qui n'existe pas et qui a le fictif franchement mauvais. On n'a pas inventé mieux pour affamer et détruire un pays sans l'appoint d'une Occupation allemande d'aucune sorte. A ce propos et à titre de cynisme j'ambitionnais jusqu'à peu de vivre jusqu'à cent vingt ans, dont la moitié au moins en tant que légumes dans une salle d'hôpital, pour contribuer à creuser les déficits et la dette de façon écologique. Entre creuser ses trous de mémoire et creuser sa tombe, on aurait quand même pu s'amuser un peu à titre de générique finale, pour faire chier le monde qui en a tant besoin.

Mais rien de tout ça n'aura lieu parce qu'on va me reformater le cerveau, pour qu'il soit aux normes européennes. Je préfère vous le répéter au cas où vous l'auriez déjà oublié. Je sais que vous êtes français et que vous êtes donc sujets à d'importants trous de mémoire, en témoigne par exemple le taux de popularité de Jacques Chirac et de François Hollande, dont on sait pertinemment que leur niveau de courage politique a toujours été inférieur à celui de la mer. Je tiens à respecter tout le monde dans son identité nationale. Il n'y a d'ailleurs pas plus attaché que moi à la préservation des espèces en voie de disparition. La France en fait partie et c'est en parfaite conscience écologique que je suis patriote.

J'aimerais aussi profiter de cette parenthèse pour parler de mon père qui ne mérite pas qu'on parle de lui donc c'est parfait. Mon père est fragile du cœur, comme vous ne le savez pas, et c'est pour ça que je ne lui raconte pas les détails de la relation sadomasochiste que je noue avec mon petit ami d'Islamabad qui porte quotidiennement le niqab à titre de confidentialité. Il ne faut pas trop le perturber comme ça, mon père. Il en a jusque là de l'illogique. Lui aussi a fait une carrière psychiatrique, mais c'était dans le camp d'en face. Dans le camp de ceux qui ont pour fonction sociale et mission civilisatrice de nettoyer la merde des fous, parce qu'elle serait dangereuse, leur merde. Il y a du fictif en grande quantité qui peut en sortir et c'est pire qu'une fuite radioactive. J'ai lu un jour que les fous étaient les seigneurs de l'univers parce qu'aucune loi humaine ne pouvait avoir d'impact sur eux, et j'ai applaudi à chaudes larmes ce propos sensé. Et c'est tant mieux quand on voit par exemple tous les impacts de la Lune depuis que Neil Armstrong s'est mêlé de ce qui ne le regarde pas. Bref on ne dira jamais assez de mal des types qui passent leur vie à nettoyer la merde des autres. C'est la pire pourriture qui soit. Le fascisme dans ce qui a de plus vulgaire. Ça se croit le Bien, la propreté incarnée et ça finit par provoquer par logique interposée les pires saloperies. Il n'y a qu'à se souvenir de monsieur Hitler et monsieur Staline qui ont commencé comme balayeurs et qui dans leur conscience professionnel de balayeur ont voulu nettoyer toute la merde de l'Europe, pour le résultat que l'on sait. Mon père, heureusement, quand il s'est rendu compte qu'il ne pouvait même pas nettoyer la merde que j'avais dans la tête, il a préféré arrêter sa carrière et se consacrer à l'alcoolisme. Monsieur Hitler a voulu et failli tuer tous les fous d'Europe, et je ne lui pardonnerai jamais ce crime contre le fictif. Jésus en personne considérait ce crime comme le pire après l'usure. Je ne lui pardonnerai pas davantage d'avoir de même voulu et failli tuer tous les Juifs, sans quoi il n'y aurait plus jamais eu d'antisémitisme, qui est un pilier fondamental de notre civilisation. J'ai d'ailleurs cessé de parler à ce monsieur Hitler depuis que j'ai pris connaissance de son entreprise de nettoyage à Nuremberg. On pourrait aussi parler, sans transition parce qu'elle commence vraiment à bien faire celle-là, des féministes qui veulent nettoyer les trottoirs des prostituées de merde pour mieux faire oublier que le monde est rempli de putes. Nous sommes tous des putes de l'économie et de la finance, deux maquereaux qui nous passent par tous les trous possibles et imaginables avec leur croissance, leur profit, leur crise. Qu'on n'aille pas me dire qu'on serait autre chose que des marchandises sommées d'être compétitifs et de rapporter un petit bénéfice à la société, où ne manque que le code barre tatoué sur les fesses pour plus d'authenticité. Je l'ai entendu la vieille Aubry qui disait il n'y a pas longtemps que la droite n'avait pas rendu les jeunes assez compétitifs et qu'elle allait arranger ça. En voilà une belle pute de l'économie, si je ne m'abuse. Ceux qui coûtent, qui causent des déficits et des pertes de croissance, prière de déguerpir. Vous salissez l'humanité de votre merde à taille humaine. Vous n'êtes que des déchets, des excréments, et ce n'est pas des manières si on veut sortir de la crise. On m'excusera mon langage scatologique, mais il faut bien que quelqu'un remue la merde et vous la fasse sentir sinon vous allez encore voter n'importe quoi aux prochaines élections. Bref on avait pourtant pris des mesures de précaution contre ceux qui coûtent, en autorisant l'avortement par exemple, en hommage à monsieur Hitler qui avait montré les vertus du génocide. Mais rien n'y a fait, le monde est toujours autant gorgé d'assistés, d'improductifs, de mal-pensants. D'où l'idée du droit à l'euthanasie pour en finir au plus vite avec les vieux, qui sont quand même ce qu'on fait de mieux en matière d'improductifs. On ne va quand même pas garder en vie des légumes. Et la dette, alors ?! T'as pas fini de creuser les déficits, espèce de vieux grabataire dégoûtant ?!Pour venger Monsieur Kadhafi

Bref je m'égare dans mes propos, c'est bien de s'égarer mais je suis en train de faire des nœuds gordiens par centaines et quand on est un jeune python comme moi, avec la vie devant soi, on n'a pas idée de faire autant de nœuds sinon on risque de s'étouffer avec sa souris du petit déjeuner.

Donc je vous disais que j'étais venu à la rescousse de sangliers dans les Ardennes. Et il faut que je vous dise enfin pourquoi. Ils avaient besoin de ma chair à canon pour mener une guerre non pas contre les micromammifères comme on pouvait s'y attendre mais contre les Allemands. Qui sont quant à eux des macromammifères de type dangereux, comme chacun sait, que même les tyrannosaures redoutent dans leur fort Alamo intérieur. On allait bientôt sortir de l'euro de manière unilatéral et avec l'appui de la Palestine et il fallait donc s'attendre à une nouvelle attaque des macromammifères de type teutonique par les Ardennes. Ils avaient déjà percé le front de Sedan en 1870 et en 1940, les plus grabataires s'en souvenaient, et on ne voyait pas pourquoi ils n'allaient pas le percer à nouveau, soixante-dix ans plus tard, afin de respecter la loi des séries qui s'applique à tous les soldats réguliers en vertu de la convention de Genève. Et les sangliers, qui n'ont pas l'handicap d'être réguliers, se préparaient à mener la résistance eux-mêmes, n'ayant plus confiance aux veaux qui sont une espèce de macromammifères très répandus dans les hautes sphères de l'armée française et qui avaient montrés depuis trop longtemps leur incapacité héroïque. On m'avait pris par mes sentiments patriotiques et héréditaires et j'ai donc failli me retrouver avec tout mon charisme et mon intelligence historique à la tête de la résistance française, comme Gambetta et de Gaulle, avec toutes les gloires et Mémoires de guerre que cela implique, et c'était pas ce qui avait de mieux pour mes impératifs présent de discrétion. Je me suis donc enfui, comme un lâche, car il était bien temps d'avoir le courage de sa lâcheté. De toute façon les Américains qui sont copains comme cochons avec les Allemands auraient débarqués par la Normandie et je vois mal ce que ces sangliers auraient pu faire contre des cochons pareils. Les Américains sont une sous-espèce d'Anglais dont on ne connait que trop la perfidie héréditaire. Mais le sanglier comme son nom ne l'indique pas est naïf, et c'est tellement touchant la naïveté que ça donnerait presque envie de mourir pour elle si on n'y prenait pas garde.

Et c'est donc quelques années plus tôt, en pleine chute du Shah perché, que j'allais cette fois succomber à mes sentiments. Eh oui, que voulez-vous... Je suis humain ! Je sais, vous ne pouvez évidemment pas comprendre puisque vous êtes des robots et que vous n'avez pas le temps de comprendre, demain matin vous devez prendre votre train de 7 heures 46 alors bonsoir. Je ne vous demande pas d'être authentique, surtout pas, je vous demande juste de faire semblant. Faites semblant bon Dieu ! Faites semblant ! Le fictif, c'est tout ce qui importe.

J'allais alors travailler pendant plus trente ans en tant que terroriste iranien à la solde des mollahs, avec tout ce que ça engendre comme morts sur la conscience universelle et diabolisation télévisuel. J'étais notamment chargé d'infiltrer les milieux laïcards francs-maçons pour leur infliger le plus de ridicule médiatique possible, au titre de la guerre de l'information. J'excitais les plus extrémistes et sortais des trucs insensés au nom du Grand Orient, du genre que l'Islam c'était semblable au nazisme, que leur prophète était une synthèse entre monsieur Hitler et monsieur Dutroux et qu'il fallait donc considérer la femme voilée comme un occupant et le banquier américain comme un libérateur. Avec un tel discours, la côte de popularité de l'Islam s'était considérablement envolée au fil des années, à l'inverse de celle de la laïcité qui passait désormais pour la pire des sectes. C'est moi qui ait lancé Christine Tasin dans le grand bain laïcard et je n'en suis pas peu fier. C'est une bête féroce qui a fait bien plus pour l'Islam que le plus dévoué de ses prosélytes. Aujourd'hui il paraît qu'elle réussit même le tour de force de convertir à la cause de l'Islam des islamophobes historiques, c'est vous dire.

Mais un beau jour le mercato d'été s'en est mêlé d'une façon estivale et j'ai dû quitter Téhéran pour Tripoli sous la pression de mon manadjeur. Officiellement, Monsieur Kadhafi m'avait recruté comme avant-centre de son équipe de foutebole. C'était le transfert de l'année, et même les pages sport du Monde en ont parlé, en rappelant tous mes exploits, m'imputant jusqu'à l'agression de Battiston à Séville en 1982, ce qui est complètement faux puisqu'à l'époque j'étais en Irak pour régler un conflit millénaire entre nous et Monsieur Saddam Hussein. Schumacher n'était pas gardien de la révolution iranienne, mais gardien de foute allemand, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Ce qui m'a fait penser que ces cons-là devraient davantage réviser leurs classiques.

Monsieur Kadhafi m'avait en fait recruté en tant que satellite africain de communication pour que tous les petits noirs d'Afrique puissent appeler une organisation humanitaire à l'autre bout du monde si jamais ils étaient victimes d'une famine de type alimentaire. Vous croyez bêtement que je change d'identité pour fuir mes responsabilités historiques, alors que c'est tout le contraire. En me muant en satellite, j'assumais là la mission spirituelle de la France que ses habitants avaient lâchement abandonnée. Et Monsieur Kadhafi avait accepté dans sa grande bonté bien connue de me servir de courroie de transmission, à ses risques et barils. Il disait cependant que ça devait rester secret, car sinon les Américains viendraient lui démolir la gueule pour lui apprendre à respecter les règles du marché. Monsieur Kadhafi se souciait en effet un peu trop du bien des gens, à qui il interdisait par exemple de mourir de faim sous peine de mort. C'est ce qu'on appelle une dictature et je comprends pourquoi les Américains, qui laissent crever leurs pauvres par respect de la démocratie, ont fini par avoir sa peau. Car oui cette histoire de satellite a fini par être su au plus haut point, à l'instigation des Iraniens qui ont aussi des contentieux millénaires avec Monsieur Kadhafi et qui m'ont repéré du bas de leur télescope à propulsion nucléaire.

Je tiens à insister là-dessus avant de poursuivre mon histoire : je ne sais pas ce qu'on a pu vous raconter dans vos torche-culs mais Monsieur Kadhafi était un homme de grande humanité. Avec lui j'avais même noué une vraie complicité. Nous avions tous les deux de grandes et nobles ambitions pour le monde, au point d'user de multiples identités dans nos missions civilisatrices secrètes, et nous nous estimions pour cela. Avant d'être dictateur, qui est un métier comme un autre et qui ne mérite pas tant de dénigrements, Monsieur Kadhafi avait été socialiste, révolutionnaire, lideur du tiers-monde, terroriste, islamiste ! Excusez-le du peu. Pour tout vous dire, j'avais pour lui bien plus que de l'estime : je lui vouais une totale admiration. Ce type était une légende, l'égal d'un Carlos par exemple que j'avais côtoyé un temps et qui pouvait mener de front à la fois une carrière de terroriste et une carrière de chanteur. Monsieur Kadhafi c'était le genre à planter sa tente dans les capitales des démocraties pour plus de provocation. Il n'allait pas aux Grosses Têtes raconter des blagues graveleuses mais c'était tout comme. Bref Monsieur Kadhafi était un fictif à vous forcer l'admiration et je le regrette beaucoup aujourd'hui.

Vous connaissez la suite. Monsieur Kadhafi ayant dû m'abandonner pour des raisons géostratégiques évidentes, j'étais alors devenu Juif allemand comme Cohn-Bendit et du haut de mon impuissance satellitaire j'étais prêt à vendre mon corps à n'importe quelle puissance pourvu que j'obtienne l'immunité historique.

Mais comme vous ne devez pas l'imaginer, on s'est bien foutu de ma poire et on m'a laissé en orbite autour de la Terre, à révolutionner comme un con dans mon coin, comme un Indigné de la Puerta del Sol. Je devenais dingue à tourner en rond pour rien, car vous pensez bien que les types du CNT la première chose qu'ils ont fait en entrant dans le palais présidentiel de monsieur Kadhafi c'était de résilier ma ligne et de m'envoyer un huissier pour me faire payer toutes les mensualités qui restent. La dérive des incontinents battait son plein devant mes yeux impuissants et je n'avais plus que de la haine. La haine me rongeait. J'étais devenu un Juif errant qui avait décidé de passer ses nerfs sur les Palestiniens et c'est ainsi que je suis rentré en contact avec le Mossad, leur soumettant mes projets d'attentat fictif façon 11 septembre 2001. Mais ces salopards-là ont eu vent de mon antisémitisme millénaire par l'intermédiaire de Mark Zuckerberg, décidément dans tous les sales coups, et m'ont donc expulsé de leurs territoires comme ils en ont l'habitude.

J'étais encore en pleine possession de ma colère, mais plus pour très longtemps. Ma révolution autour de la Terre allait se Thermidor, c'était inévitable après tant de terrorisme de salut public. La désintégration était proche et mes sens déjà me fuyaient, je ne parlais plus qu'à des sorcières du XVIème siècle et n'avais plus que comme distraction de montrer mon sexe aux satellites américains pour les choquer dans leur puritanisme, comme DSK. La désintégration était devenue si proche que je décidai un beau jour, en concertation avec Léonidas, d'accélérer le processus par mutinerie de mes trois cent soldats spartiates intérieurs et ainsi d'en finir d'un coup d'un seul comme aux Thermopyles. J'allais perpétrer le pire attentat-suicide de tous les temps. Pour venger tous mes multiples. Pour venger monsieur Kadhafi. J'allais en finir en beauté dans une explosion de rire avec rire de Fantômas en supplément sonore. Mais comme je vous l'ai déjà dit j'eus l'idée saugrenue de faire passer le message sur un site islamiste tenu par la CIA comme tout site islamiste qui se respecte et ils n'ont pas tardé à me mettre en état d'arrestation au titre de l'équilibre de la terreur. La position des Russes fut décisive. Les Russes furent d'accord pour me rapatrier sur Terre à condition que je ne parle pas de la Tchétchénie, ce que je m'efforcerais de faire, bien qu'il soit éminemment difficile d'avoir qu'une parole quand votre tête est un hall de gare aux heures d'affluences.

Et me voilà donc enfermé comme chez les fous, dans une absolue indifférence, alors que j'aurais tant accompli pour le terrorisme international et que je mériterais sans doute un traitement plus approprié à ce statut de marbre. Je ne demandais pas Guantanamo non plus, ni une mort fictive à la Ben Laden avec explosion de joie de l'ignare populace en mondovision. Je ne me suis jamais pris pour Dieu le père. Une mort à la Pierre Goldman perpétré en l'honneur de la police aurait largement suffi à faire de moi une légende d'une quelconque mouvance crépusculaire de gauche radicale et c'était déjà formidable.

Pendant qu'il est encore temps, si vous n'avez pas déjà fui par peur du dérapage ultime qui vous foutra tous dans le fossé, je voulais aussi que vous sachiez que vous m'avez quand même bien manqué, bande de Judas. Même les prostituées qui venaient me proposer leurs sévices sexuels. Elles aussi me montraient que j'existais tant bien que mâle, et cela n'était pas négligeable comme affection. Il faut m'excuser pour ces huit millénaires d'absence, mais mon pelage était en pleine mutation orbitale comme j'ai pu vous l'indiquer précédemment et je ne pouvais pas tout faire en même temps.

J'ai bien sûr suivi toutes les actualités qui vous ont tant marqués, soyez-en rassurés. Le procès fictif des emplois de Jacques Chirac, le complot fictif contre DSK, l'assassinat fictif de monsieur Ben Laden, la révolte fictive des Libyens, l'attentat fictif d'Oslo, la crise de la dette fictive etc. J'ai tout bien suivi et je me suis même mis à espérer devant la montée du cours du fictif en bourse. J'étais heureux de voir le fictif prêt peut-être à en découdre une bonne fois pour toute avec le réel décadent. Le fictif était tellement d'avenir que les salauds s'en servaient à tire-larigot comme pour intimider l'inéluctable, et c'était une preuve d'espoir infini.

Ces jours-ci avec toutes ces doses de réel qu'on m'a prescrit l'espoir a encore regonflé d'un bloc en moi car je sais très bien voir à travers le réel, bien que ce soit le pire des hallucinogènes. L'espoir s'est emparé de tout mon être... et moi je ne supporte pas l'espoir. L'espoir c'est un trou noir, un vide juridique, un fictif qui va peut-être être victime d'un avortement par trois cent quarante-trois salopes. L'espoir c'est un peut-être qui se moque de vous et vous laisse pourrir au fond d'une salle d'attente au lieu de vous laisser vivre votre vie. J'espère et alors j'angoisse. Terriblement. J'angoisse et alors mon cerveau se désintègre, se disperse façon puzzle, se déchire en soixante millions de sélectionneurs et il faut que j'intervienne pour restaurer l'unité nationale. J'angoisse et alors je massacre les révoltes logiques, les Protestants et les Vendéens. J'angoisse tellement que je fais la guerre à toute l'Europe, envahit l'Espagne et la Russie et ce n'est qu'au prix d'une Bérézina que je parviens laborieusement à retrouver un éclair de sérénité... Jusqu'à ce que tout recommence encore et encore.

L'espoir est d'autant plus désagréable qu'il s'applique aussi à mon propre sort. Il se pourrait ainsi très bien qu'un commando tchétchène vienne me délivrer avant la date limite. C'est dire si je vous prie de ne pas en rajouter, en me promettant de tout faire pour me libérer et blablabla. Je suis emprisonné au fin fond du réel et c'est le meilleur qui puisse m'arriver à défaut de fictif. Surtout pas d'espoir, surtout pas cet entre-deux qui me crée des angoisses sans fin. N'allez surtout pas faire des conneries du genre m'envoyer des Didier Julia pour négocier ma libération.

Je ne vous espère pas. Je ne vous attends pas. Je ne vous espère tellement pas que j'aie pris soin de prévenir le maréchal Rommel de votre débarquement de Normandie imminent. Je suis moi-même équipé d'une DCA irakienne sur mesure et je ne me priverai pas d'en faire usage au mépris de votre tas de charge futile.

Toutes mes précautions ont donc été prises pour parer à toute déstabilisation par l'espoir...

Ce qui ne vous empêche de tout faire pour venir me délivrer, bande de patates ! Venez me chercher, bon Dieu ! Venez ! Faites donc moi mentir au moins une fois dans votre vie !

 

Octobre 2011